
Je reviens sur mon article du mois dernier, parce que je pense avoir contourné le sujet que j’avais préalablement choisi.
Le titre « Franchement ras le bol » faisait référence au fait que les technologies avançaient bien trop vite à mon goût, mais pour être totalement honnête, vous devez savoir pourquoi j’avais choisi ce titre.
A la base, le contenu de mon article ne devait pas être basé sur les nouvelles technologies, mais bien sur les réseaux sociaux et en particulier sur Facebook. J’avais prévu de tirer mon coup de gueule et de montrer du doigt les différents comportements que l’on peut observer sur cette plateforme. D’ailleurs, en début de semaine, j’ai écrit un article (sans le publier) où je me permettais de me moquer ouvertement des gens qui utilisent les réseaux sociaux comme mur des lamentations.
Mais voilà, avec un peu de recul, je pense que les critiques/moqueries en tout genres font partie des choses que j’apprécie de moins en moins chez les gens, alors j’ai décidé de réorienter mon article. Je vais essayer de « comprendre » pourquoi certaines personnes ont besoin d’étaler leur vie sur les réseaux sociaux.
Je pense qu’il est important de ne pas mettre tout le monde dans le même panier pour éviter de faire une généralité, alors j’ai décidé de choisir trois types de publications faites sur Facebook.
La première catégorie est constituée de publications faites par les nouveaux utilisateurs. Celles-ci sont plutôt à titre expérimental et dû à l’excitation de la nouveauté et à l’envie de découvrir tous les aspects de cet outil. Je pense ne pas trop me risquer en disant que ces publications sont le fruit de la curiosité.
En deuxième catégorie, on perçoit les dires des utilisateurs de longues dates. Les multiples publications sous formes de statuts, photos et vidéos restent de mon point de vue des « publications légères ». Il n’y a pas d’aspects personnels qui en ressortent ou si c’est le cas, ce n’est qu’en rapport avec des hobbies ou affinités à un domaine particulier. Mais on n’est pas dans ce que j’appellerais le « personnel profond ». Ce type de publication appartient à ma troisième catégorie, sur laquelle je vais m’attarder.
Sur Facebook, on est quotidiennement confronté à des publications du type « personnel profond ». Certaines personnes partagent sans gêne, ni retenue leurs états d’âmes, leurs coups de gueules, leurs ressentis les plus profonds. A vrai dire, je suis le premier à les montrer du doigt. Je pourrais décider de faire une liste des publications de statuts les plus personnels et choquants en disant que c’est tout ce qui ne faudrait pas faire sur les réseaux sociaux, mais quel mérite cela aurait-il? A part, peut être, de me faire passer pour quelqu’un imbus de lui-même, qui à l’impression de faire tout juste et que les autres devraient en faire autant, mais ce n’est pas le cas.
Je cherche plutôt à comprendre pourquoi certaines personnes ont besoin d’écrire tout haut ce qu’elles pensent au plus profond d’elle-même ? Qu’est-ce qui les poussent à se mettre à nu et à dévoiler leurs sentiments à tous leurs contacts?
Il y a évidemment plusieurs sortes de publications au sein même de cette troisième catégorie. On y retrouve les personnes qui parlent de leurs joies, de leurs coups de cœur, de leurs rencontres, de leurs coups de foudre et j’en passe.
Alors oui, je pense que lorsqu’on est heureux, on a envie de le partager et de le crier sur les toits, mais pourquoi l’étaler sur internet et ne pas décider par exemple de voir un ami ou un proche pour le partager ? Parce qu’une chose et sûre, vous êtes heureux, mais il y a aussi vos 800 amis/contacts qui eux n’ont peut être pas la patate, mais ça souvent on n’y pense pas. Quelle est l’utilité d’étaler son bonheur ? Est-ce qu’on a besoin de le faire savoir pour pouvoir en profiter encore plus ou alors est-ce une forme de méchanceté gratuite pour faire souffrir l’autre en lui montrant que votre vie est tellement plus belle que la sienne ? Est-ce que comparer sa vie à celles des autres (parce que c’est ce que les gens font en étalant leur vie, ils comparent avec ceux qui en font autant) peut contribuer à notre bonheur ?
Il y aussi les gens qui poussent leur coup de gueule. Que ça soit professionnel ou personnel, cela ne change rien tant que les montrés du doigt ne sont pas cités (et encore, ça dépend). On dirait que ces personnes utilisent ces différentes plateformes comme défouloir. Cela peut aller d’une simple banalité de la vie, du type d’un retard de train à des situations nettement plus personnelles comme une séparation ou bien même le décès d’un proche. Alors ma question est la suivante; pourquoi est-ce que ces personnes ont besoin de rendre publiques ces choses si personnelles ? Est-ce qu’ils utilisent cela pour capter l’attention, dans l’espoir de trouver des personnes pour compatir avec eux. Ou bien est-ce que ces personnes sont d’un naturel timide et qu’une fois derrière leur machine, plus rien ne les retient de s’exprimer ? Le fait d’étaler leurs malheurs rend-il les gens moins tristes ?
Je n’ai de loin pas la prétention de pouvoir apporter des réponses à ces questions.
Je ne fais que d’émettre des hypothèses et peut être, avec chance, cela suscitera des réactions…
Mais il y a une chose sur laquelle je vais m’avancer et sans risque, je pense. Avec les temps qui courent et tout ces réseaux sociaux, il est certain que les relations humaines perdent de leurs qualités jour après jour. Les gens utilisent ces différentes plateformes comme substitut de vie réelle et arrivent à en oublier de passer du temps « réel » avec leurs amis et proches ou bien même de faire de nouvelles rencontres. Mais voilà, Facebook et les autres nous évitent toutes les contraintes de la vie réelle, alors pourquoi ne pas succomber à la tentation, quand c’est si facile ?
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