L’Âge d’Or du rédacteur

Rédacteur en agence ou freelance, c’est un métier complexe, voire schizophrénique, exigeant des qualités d’empathie et d’adaptation exceptionnelles, et je pèse mes mots. En Suisse romande, il n’existe qu’une poignée de ces êtres hors normes qui oeuvrent le plus souvent dans l’ombre pour donner à une marque ses lettres de noblesse ou à une campagne de communication sa tonalité propre.

Rapports annuels, PLV, stickers promotionnels, annonces, affiches, radio, télé, mots de Présidents, interviews, chroniques, packaging, sites internet et j’en passe, le rédacteur a, de tous temps, mis sa plume au service de tous les modes d’expression des entreprises, avec un énorme revers de médaille: tout le monde « sait écrire ».

Modifications de textes (parfois de sens aussi), déplacements de ponctuation ou encore carrément suppression de certains mots (au Diable la grammaire, après tout!), chaque intervenant se sentant des velléités littéraires a une propension phénoménale à vouloir mettre sa patte là où le rédacteur a mis son expertise.

Une fois encore, et comme le dirait Beigbeder, « quand vous allez chez le dentiste, vous ne lui expliquez pas comment s’occuper de vos dents? », pour le rédacteur aguerri, c’est pareil: faites-lui confiance, c’est son métier!

Aujourd’hui, cependant, il se pourrait bien que la roue tourne enfin pour ceux qui ont fait de l’écriture leur cheval de bataille dans le monde de la communication.

Avec l’avénement des réseaux sociaux, blogs et autres supports digitaux nécessitant une analyse rapide, une réactivité permanente, une capacité d’adaptation éclair et une écriture fluide, mais également prolixe, il se pourrait bien qu’enfin, on rende au rédacteur ce qui lui appartient, par faute de temps ou de compétences. Enfin.

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D’aventures en aventures…

Voilà, c’est fait. 2012 vient de dévoiler ses premiers rayons et déjà le printemps approche. Dans quelques mois, l’été sera de retour et nous pourrons commencer à nous retourner sur cette nouvelle année qui n’en sera plus une en essayant d’en faire un premier bilan. Alors qu’aujourd’hui, tout reste à écrire…

2011 a représenté la deuxième année de vie de Blackswan, soit une période charnière dans l’existence d’une entreprise en démarrage: l’essentiel a été défini (discours, objectifs, corporate, partenaires, tarifs, etc.), le nid a été aménagé, l’informatique est en place, les réseaux sociaux alimentés, l’année 2, c’est celle de la quête du « client », de l’adoubement par ceux auxquels nous destinons nos services. Je ne sais pas si c’est politiquement correct de le dire, et d’ailleurs, dans notre métier comme partout, on use considérablement de la langue de bois (un matériau qui a toujours eu le vent en poupe dans les métiers dits « de vitrine »), mais cette quête a été compliquée et épuisante. On a même pensé qu’on allait pas y arriver et que notre aventure s’arrêterait là.

Et puis non. La roue a tourné. Les rencontres faites ont porté leurs fruits et nous avons eu le privilège de voir des entrepreneurs ou des managers nous accorder leur confiance, voire nous donner une chance. Car quand vous lancez votre société, peu importe ce que vous aviez fait avant, vous redémarrez à zéro. Donc oui, on vous accorde une chance. Pour nos interlocuteurs, il s’est souvent agi d’un risque de choisir Blackswan parce que nous n’avions qu’une année, parce que nous étions deux et pour un tas d’autres « parce que »…

Désormais, nous entamons notre troisième année de vie et nous avons appris une chose: rien n’est jamais acquis. Ni maintenant, ni dans dix ans. L’année 2011 a vu disparaître du marché de la communication des agences ancrées depuis des dizaines d’années, des grandes enseignes et a mis sur le devant de la scène des structures totalement nouvelles, inconnues. Tout ceci est donc bien fragile, ce qui participe du charme de l’aventure de l’entrepreneuriat. Chaque jour est VRAIMENT un nouveau jour, chaque année, les compteurs sont réinitialisés et tout est à refaire. Une pression qu’il faut pouvoir accepter, une contrainte qui constitue un moteur pour tout créateur d’entreprise ayant la foi en ce qu’il fait.

Nous ne sommes pas (encore) dans la cour des grands, mais pour rendre un peu de ce que nous avons reçu en 2011, nous avons décidé de nous engager dans des projets différents visant des start-up ou des associations à but non lucratif. Un risque ou une chance de plus pour nous? Difficile de le dire tant il est vrai que toute expérience participe de nos parcours de vie.

Pour clore complètement 2011, Blackswan aimerait remercier tous ceux, clients, partenaires, amis, famille, mais aussi lecteurs, diffuseurs et commentateurs en ligne qui ont « pris le risque » de croire en nous et de nous soutenir.

Et on aimerait aussi vous demander quelque chose pour 2012: faites confiance aux jeunes pousses, prenez des risques, donnez-leur une chance. Vous verrez, elles vous feront aussi grandir…

« Le succès est la valeur personnelle multipliée par les circonstances. »  Alfred Capus

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Et si j’essayais de comprendre?


Je reviens sur mon article du mois dernier, parce que je pense avoir contourné le sujet que j’avais préalablement choisi.

Le titre «  Franchement ras le bol » faisait référence au fait que les technologies avançaient bien trop vite à mon goût, mais pour être totalement honnête, vous devez savoir pourquoi j’avais choisi ce titre.

A la base, le contenu de mon article ne devait pas être basé sur les nouvelles technologies, mais bien sur les réseaux sociaux et en particulier sur Facebook. J’avais prévu de tirer mon coup de gueule et de montrer du doigt les différents comportements que l’on peut observer sur cette plateforme. D’ailleurs, en début de semaine, j’ai écrit un article (sans le publier) où je me permettais de me moquer ouvertement des gens qui utilisent les réseaux sociaux comme mur des lamentations.

Mais voilà, avec un peu de recul, je pense que les critiques/moqueries en tout genres font partie des choses que j’apprécie de moins en moins chez les gens, alors j’ai décidé de réorienter mon article. Je vais essayer de « comprendre » pourquoi certaines personnes ont besoin d’étaler leur vie sur les réseaux sociaux.

Je pense qu’il est important de ne pas mettre tout le monde dans le même panier pour éviter de faire une généralité, alors j’ai décidé de choisir trois types de publications faites sur Facebook.

La première catégorie est constituée de publications faites par les nouveaux utilisateurs. Celles-ci sont plutôt à titre expérimental et dû à l’excitation de la nouveauté et à l’envie de découvrir tous les aspects de cet outil. Je pense ne pas trop me risquer en disant que ces publications sont le fruit de la curiosité.

En deuxième catégorie, on perçoit les dires des utilisateurs de longues dates. Les multiples publications sous formes de statuts, photos et vidéos restent de mon point de vue des « publications légères ». Il n’y a pas d’aspects personnels qui en ressortent ou si c’est le cas, ce n’est qu’en rapport avec des hobbies ou affinités à un domaine particulier. Mais on n’est pas dans ce que j’appellerais le « personnel profond ». Ce type de publication appartient à ma troisième catégorie, sur laquelle je vais m’attarder.

Sur Facebook, on est quotidiennement confronté à des publications du type « personnel profond ». Certaines personnes partagent sans gêne, ni retenue leurs états d’âmes, leurs coups de gueules, leurs ressentis les plus profonds. A vrai dire, je suis le premier à les montrer du doigt. Je pourrais décider de faire une liste des publications de statuts les plus personnels et choquants en disant que c’est tout ce qui ne faudrait pas faire sur les réseaux sociaux, mais quel mérite cela aurait-il? A part, peut être, de me faire passer pour quelqu’un imbus de lui-même, qui à l’impression de faire tout juste et que les autres devraient en faire autant, mais ce n’est pas le cas.

Je cherche plutôt à comprendre pourquoi certaines personnes ont besoin d’écrire tout haut ce qu’elles pensent au plus profond d’elle-même ? Qu’est-ce qui les poussent à se mettre à nu et à dévoiler leurs sentiments à tous leurs contacts?

Il y a évidemment plusieurs sortes de publications au sein même de cette troisième catégorie. On y retrouve les personnes qui parlent de leurs joies, de leurs coups de cœur, de leurs rencontres, de leurs coups de foudre et j’en passe.

Alors oui, je pense que lorsqu’on est heureux, on a envie de le partager et de le crier sur les toits, mais pourquoi l’étaler sur internet et ne pas décider par exemple de voir un ami ou un proche pour le partager ? Parce qu’une chose et sûre,  vous êtes heureux, mais il y a aussi vos  800 amis/contacts qui eux  n’ont peut être pas la patate, mais ça souvent on n’y pense pas. Quelle est l’utilité d’étaler son bonheur ? Est-ce qu’on a besoin de le faire savoir pour pouvoir en profiter encore plus ou alors est-ce une forme de méchanceté gratuite pour faire souffrir l’autre en lui montrant que votre vie est tellement plus belle que la sienne ? Est-ce que comparer sa vie à celles des autres (parce que c’est ce que les gens font en étalant leur vie, ils comparent avec ceux qui en font autant) peut contribuer à notre bonheur ?

Il y aussi les gens qui poussent leur coup de gueule. Que ça soit professionnel ou personnel, cela ne change rien tant que les montrés du doigt ne sont pas cités (et encore, ça dépend). On dirait que ces personnes utilisent ces différentes plateformes comme défouloir. Cela peut aller d’une simple banalité de la vie, du type d’un retard  de train à des situations nettement plus personnelles comme une séparation ou bien même le décès d’un proche. Alors ma question est la suivante; pourquoi est-ce que ces personnes ont besoin de rendre publiques ces choses si personnelles ? Est-ce qu’ils utilisent cela pour capter l’attention, dans l’espoir de trouver des personnes pour compatir avec eux. Ou bien est-ce que ces personnes sont d’un naturel timide et qu’une fois derrière leur machine, plus rien ne les retient de s’exprimer ? Le fait d’étaler leurs malheurs rend-il les gens moins tristes ?

Je n’ai de loin pas la prétention de pouvoir apporter des réponses à ces questions.

Je ne fais que d’émettre des hypothèses et peut être, avec chance, cela suscitera des réactions…

Mais il y a une chose sur laquelle je vais m’avancer et sans risque, je pense. Avec les temps qui courent et tout ces réseaux sociaux, il est certain que les relations humaines perdent de leurs qualités jour après jour. Les gens utilisent ces différentes plateformes comme substitut de vie réelle et arrivent à en oublier de passer du temps « réel » avec leurs amis et proches ou bien même de faire de nouvelles rencontres. Mais voilà, Facebook et les autres nous évitent toutes les contraintes de la vie réelle, alors pourquoi ne pas succomber à la tentation, quand c’est si facile ?


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Le code a changé

Evidemment, c’est une lapalissade: la publicité s’est toujours inspirée de ce qui l’entourait pour innover dans son domaine, apporter une créativité de fond ou de forme, technologique, sociologique, idéologique, politique, etc., devenant parfois à son tour source d’inspiration pour des réalisateurs, auteurs, ou autres artistes de tous horizons.

Néanmoins, si jusqu’à présent ce qui prédominait surtout dans l’intégration des technologies dans la publicité était l’aspect technique (format, média, outils, etc.), on assiste désormais à la reprise des codes du discours digital. Devenus symbole d’appréciation ou d’empathie, les pouces levés (Facebook a fait des émules) gagnent peu à peu les campagnes traditionnelles, tandis que les infographies permettent dorénavant de visualiser le cheminement de pensée du public-cible, voire, à l’extrême, les références à des phénomènes du type « mèmes digitaux », se mettent à apparaître à plus ou moins bon escient sur les murs de nos villes.

Ainsi, une campagne suisse en faveur du recyclage, communique sur le fait qu’être écologique peut être « tendance » en l’apparentant à la tendance du planking (le problème des mèmes étant leur aspect éphémère, notamment sur la toile, la campagne en question qui continue de s’afficher paraît désormais complètement has been pour les initiés, justement parce que eux, sont vraiment des initiés…), Canal + marque son soutien au cinéma en tous genres au moyen d’infographies superbement réalisées, la réalité augmentée a conquis HP et sa communication, et même le drôle d’oiseau qu’est Twitter devient synonyme de liberté d’expression…

Il semblerait donc qu’au-delà des plate-formes de communication ou des canaux eux-mêmes, on assiste bel et bien à une évolution des codes du discours; j’en veux pour preuve les conversations quotidiennes via tchat ou whatsapp constituées de davantage d’émoticônes ou abréviations (WTF, OMG, sans même parler des LOL désuets) que de mots, démontrant, comme évoqué ci-dessous, l’avènement d’un méta-discours iconographique s’adressant à une cible avertie. Ainsi, la publicité cherche-t-elle à créer de la connivence entre la marque, le produit et ses consommateurs, ce qui en soi, n’a rien de neuf et constitue, à peu de choses près, sa raison d’être.

Pourtant, au vu de la rapidité avec laquelle les-dits codes évoluent ou sont considérés comme des évidences, il se pourrait bien qu’à force de vouloir à tout prix prendre le train du discours digital, les marques ratent la marche menant à leurs clients, ceux-ci étant la plupart du temps parfaitement conscients de l’aspect cosmétique d’une communication qui se veut 2.0 dans le discours. Surtout quand les marques en question ne transforment pas l’essai dans leur plate-forme en ligne, laissant l’internaute (et consommateur de publicité traditionnelle) face à un paradoxe forme/fond qu’elles n’ont pas réussi à régler, soit par zèle publicitaire, soit par manque de volonté politique.

Peut-être faut-il espérer que l’utilisation des codes digitaux dans la publicité – avec pour seul but de montrer « qu’on est dans le coup » – ne durera pas non plus et qu’il faut juste laisser le temps aux agences traditionnelles de comprendre qu’une promesse non tenue, en ligne ou IRL (in real life) reste une promesse non tenue. De là à dire que nous assistons à un mème publicitaire autour des mèmes digitaux, il n’y a qu’un pas…

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