Le succès, ça se cultive 2/3

Comme promis, je m’attaque au deuxième volet de mon article, en espérant rendre justice à son acteur principal: Arpad Soos, ancien coach du Stade Nyonnais et du LS, entrepreneur et… fan de Robin Cornelius (fondateur de Switcher), qu’il cite comme exemple de réussite, à la fois professionnelle, stratégique et éthique. L’éthique, une valeur, bien plus qu’un mot, dont on sent qu’il ne sert pas d’alibi commercial à Arpad Soos. Bien trop entier, le personnage. Et il a raison. Il confronte, dans le monde du sport et du foot en particulier, les entraîneurs Wenger et Murinho, sans crainte d’avouer son admiration pour l’un et ses doutes sur l’autre. Première leçon: la fin ne justifie pas les moyens. Pas plus dans le monde du sport que dans celui de l’entreprise. J’apprends d’ailleurs une anecdote que je vous laisse découvrir et qui en dit long sur les valeurs de certains.

L’entreprise, un projet commun

Du haut de son expérience sportive, voilà bien un intervenant capable de donner certaines clés afin d’amener un groupe d’hommes vers un but commun. Et une de ces clés est dans la phrase précédente: avoir un but commun. Cela implique que le leader, le « dirigeant » soit apte à avoir une vision, la sienne, et à la transmettre à l’ensemble. A fédérer des individualités autour d’un projet, au-delà justement des intérêts particuliers. Cela signifie aussi valoriser l’apport de chacun dans cette aventure et tout au long du chemin, dans la défaite, comme dans la victoire. Les managers, les meneurs d’hommes ont non seulement la mission de faire prendre part chaque personne au projet défini, de les féliciter et de leur rendre justice en cas de succès, mais, et c’est bien plus compliqué, de générer de la confiance.

« Le Prince » de Machiavel évoque déjà l’avantage du respect et de la confiance sur la peur et la menace, mais des siècles plus tard, il semblerait que dans les périodes de crise se révèlent les bons ou les mauvais managers, notamment dans cette capacité à motiver leurs troupes par l’encouragement et non par l’oppression. Inspirer plutôt qu’être craint, c’est ça aussi, qui fait un bon leader. Les figures historiques marquantes sont celles qui ont sur engager les foules par leur propre conviction, leur foi en quelque chose. Cela commence par la foi en soi. Certes, il n’appartient pas qu’à l’entreprise ou au sport de permettre à quelqu’un d’avoir une estime de lui-même adéquate; en revanche, ce qui est sûr, c’est qu’on ne peut croire en soi-même quand d’autres ne reconnaissent pas notre valeur individuelle.

Point de créativité sans cadre

La confiance, une des clés. En soi, en celui qui dirige. Mais également la structure, la méthode, la rigueur, la discipline. Sans ces termes qui en font sûrement bondir plus d’un (ils y voient la fin de la liberté ou la restriction de l’expression individuelle), le succès ne peut advenir. J’ajoute mon expérience personnelle d’entrepreneur à ce que M. Spoos a exprimé sur ce point. L’organisation est la clé de voûte de la réussite d’un projet. L’élément qui le rend reproductible (car des miracles arrivent dans le sport comme ailleurs), car elle offre la sécurité et l’assurance nécessaires pour permettre de se sublimer dans les moments-clés. La discipline collective et individuelle est une marque de respect envers les autres, bien sûr, mais envers soi-même surtout. Elle permet de mieux appréhender ses limites, mieux connaître ses faiblesses et ses forces et de découvrir ce qui fait notre particularité.

Définir nos limites, c’est aussi avoir l’humilité de reconnaître les compétences que nous n’avons pas, de faire appel à celles de ceux qui nous entourent, de déléguer et de partager les projets d’égal à égal, en optimisant les qualités de chacun, en l’aidant à améliorer ses défauts, sans les pallier.

Le jeu plutôt que l’enjeu

Le plaisir, une dimension illusoire? Si j’écoute les commentaires post-conférence, il semblerait que je sois naïve, tout comme Arpad Spoos. Bien sûr, il n’a pas parlé d’argent, des millions présents dans le foot, son terrain de prédilection, ni des « magouilles », de la corruption. Et alors? On le sait: il y a des pourris partout, and so what. Ce que cet intervenant a illustré à mes yeux, c’est qu’il y a justement une autre catégorie de personnes, dans le sport, comme dans les affaires: ceux qui font les choses par passion, qui tiennent une ligne. L’intégrité, l’exemplarité, c’est aussi ça, un bon manager. Au-delà de la destination, c’est le chemin qui compte. L’expérience. Et quand on sait pourquoi on fait ce que l’on fait, que c’est le coeur qui commande et qu’on ne diverge pas de ses principes, le succès n’a pas la même définition, il peut être présent partout et ne pas se résumer à une finale de Champions League ou au gain d’un gros contrat. Il se trouve dans l’expérience elle-même.

Merci Monsieur Spoos… pour la peine, je vous rends hommage avec une équipe qui vous tient à coeur…

10 Commentaires pour “Le succès, ça se cultive 2/3”

  1. arpad 2 juin 2011 at 6 h 34 min #

    Chère Aline,

    Je suis très touché par vos ligne set vous en remercie.
    Très cordialement,
    Arpad

  2. Aline Isoz 2 juin 2011 at 11 h 53 min #

    Merci, Arpad. J’espère juste avoir rendu justice à votre enthousiasme…

    Tous mes voeux pour la suite…

    Aline

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